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    • 29 Sep 2011
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    Vache-pourpre

    J’aurai pu titrer ce billet « Quelques idées de la Vache Pourpre » pour faire suite à celui sur « Rework » rédigé quelques mois auparavant, mais j’avais envie de quelque chose de plus percutant, à l’image de l’ouvrage.

    Car « la Vache Pourpre » est effectivement un livre. Je ne présente pas son auteur, Seth Godin, influent spécialiste en marketing, Wikipedia ou son blog officiel le feront bien mieux que moi.

    En 2003, lors de sa première édition, l’ouvrage fut un petit événement. Il est depuis régulièrement en rupture de stock. Il faut  parfois attendre de long mois avant son retour en librairie. Les éditions Maxima viennent de le rééditer dernièrement en français, je ne peux que vous conseiller de le lire ou relire.

    C’est bref, le style est léger, mais cela fait beaucoup réfléchir sur l’avenir de nos, et vos, produits !

    Imaginez un instant que votre business est une vache. Comment cette belle ruminante peut elle se différencier des dizaines d’autres vaches normandes, noires et blanches, dans la prairie ?

    Rien ne ressemble plus à une vache qu’une autre vache, et cela n’est pas votre budget publicitaire ou vos nombreuses promotions qui la feront sortir du lot, ou plutôt du troupeau !

    Vous n’avez donc pas le choix, votre business doit être une vache pourpre !

    LA vache que l’on remarquera au premier coup d’œil au milieu du troupeau.

    Celle que l’on veut, car elle n’est pas comme les autres, celle dont on parle à ses amis.

    Amis que nous sommes fiers d’avoir contaminés en les transformant en clients de Startbucks, Google, Apple, ou Sonos… d’autres vaches pourpres.

    De nombreuses sociétés pensent qu'il suffit d'augmenter leur budget publicitaire pour augmenter le nombre de clients, que cela est mathématique et sans fin... mais tout a une fin.

    Seth Godin nous lance là un véritable appel à l'innovation et la créativité.

    Les consommateurs ne veulent plus des produits ordinaires, ils veulent des produits remarquables.

    Il ne suffit pas d’augmenter le prix et d’avoir un support client qui dit bonjour pour être remarquable, il faut prendre des risques, les mesurer - par des statistiques - et les analyser.

    Il faut s’habituer à en prendre en permanence, avoir toujours un projet ou un membre de son équipe dont le rôle est de tester de nouveaux produits  internes.

    Attention, cette personne doit être isolée des autres membres de l’équipe afin de ne pas s’habituer à leurs confortables charentaises et fortes marges bénéficiaires qui ne seront pas éternelles.

    Je cite Sonos un peu plus haut,  un très bel exemple de vache pourpre.

    J’ai été contaminé par un ami il y a quelques années. Auparavant je n’avais jamais vu la moindre publicité pour ce système Hi-Fi d’écoute sans fil et multi pièces.  

    Ses paroles élogieuses et surtout sa démonstration m’ont immédiatement convaincu.

    J’ai par la suite, moi-même contaminé au moins 5 personnes, qui peu à peu s’équipent de bornes Sonos supplémentaires et contaminent certainement elles-mêmes leurs proches.

    Pourquoi donc ? Je ne suis pas affilié chez Sonos, je ne touche aucune commission de leur part. Tout simplement car leurs produits et leur support client sont remarquables.

    Sonos est une vache pourpre, ses clients sont ses meilleurs ambassadeurs.

    Un bon produit est un mauvais produit, un très bon produit est un mauvais produit,  votre produit doit être remarquable !


    Emmanuel

    p.s. : l'image illustrant ce billet n'est pas la couverture du livre mais un extrait de la magnifique affiche publicitaire "MonSavon" de 1949 illustrée par Raymond Savignac qui avait l'art de résumer une idée ou un produit en une affiche simple et efficace .


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    • 2 Sep 2011
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    Aujourd’hui, j’ai reçu par e-mail, de mon ami Jean-Christophe, un lien vers une vidéo de Steve Jobs, archivée par l’INA, datant de 1984.

    Non, cela n’est pas la fameuse vidéo de présentation du premier Macintosh en janvier 1984, celle-ci date d’avril de la même année. Steve Jobs alors âgé de 29 ans explique lors d’une interview à France 2 pourquoi il a décidé d’investir en France chez un fabriquant de composants électroniques.

    Il y déclare quelque chose qui m’a beaucoup interpelé :

    « En Europe vous vivez l'échec comme quelque chose de grave, cela vous suit toute votre vie alors que dans la Silicon Valley quand on tombe, on se lève et l’on recommence ! »

    Cette Interview a pratiquement 30 ans et pourtant il a toujours raison.

    Je vois encore beaucoup d’entrepreneurs qui baissent les bras après un premier échec et sont « heureux » de décrocher par la suite un CDI dans une belle multinationale ou encore mieux l’administration… (Crise d’urticaire)

    Ils n'osent plus trop évoquer cette précédente vie d'entrepreneur, et quand ils le font c'est souvent en termes peu positifs comme s'ils avaient honte d'avoir essayé et encore plus d'avoir échoué. 

    Et pourtant entreprendre c’est aussi vivre des échecs. Des échecs qu’il faut considérer comme de l’expérience, des erreurs qu’il faut savoir analyser pour mieux rebondir. On ne peut pas tout réussir du premier coup.

    J’ai moi même vécu des échecs, dont un particulièrement fort en 2002, après l’explosion de la bulle Internet avec deux liquidations judiciaires de sociétés, dont TopFinance.com – une communauté boursière très active -  suivie d’une vente aux enchères de leurs actifs.

    Croyez moi voir vos serveurs sur lesquels vous avez travaillé tant de nuits partir dans un camion pour ne jamais revenir cela fait très mal au cœur… 

    Et pourtant j’avais bien pris bien soin d’investir la totalité de mon patrimoine dans ces sociétés, jusqu’au dernier euro et j’étais même furieux de ne pas avoir réussi à m’endetter pour y réinjecter des fonds…  

    Je creusais mon propre trou avec un réel enthousiasme ! 

    Quand tout s’est brusquement arrêté, j’ai eu l’impression de me prendre un mur à pleine vitesse, un bon mur de forteresse à la vitesse d’un beau jet, sans pouvoir prétendre a aucune assurance chômage.

    Lorsque j’ai demandé si il existait éventuellement une assistance très limitée - d’un mois ou deux - le temps que je clôture proprement tous les dossiers, relance les clients qui nous devaient encore de l’argent et prépare l’éventuel dossier d’un repreneur pour le liquidateur j’ai eu droit à une mythique réponse « Monsieur, un travail vous en aviez un, il fallait vous débrouiller pour le garder »

    À ce moment-là, j’aurai pu aller travailler chez France Telecom, comme le rêvait ma mère, mais j’ai préféré comprendre comment j’en étais arrivé là,  j’ai donc analysé cette aventure et j’en ai tiré 2 grandes conclusions :


    1/ Avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure ce n’est plus l’heure
    . 


    Je pense que nous avions laissé passer la bonne heure, surement à être trop occupés à animer la communauté, à développer de nouvelles fonctionnalités, plutôt de que faire la tournée des acquéreurs… Mais je l’aimais ce site et j’avais du mal à ne pas lui imaginer 20 nouvelles fonctionnalités par jour.

    À gérer cette société comme un épicier, à tenter de garder les pieds sur terre, je n’avais pas vu que les autres étaient grimpés jusqu’au ciel pour s’y bruler les ailes et qu’ils nous accompagneraient dans leur chute.

    Je n’ai pas maitrisé l’explosion de la bulle Internet et la disparition soudaine de tous nos annonceurs, donc de nos clients.

    Cependant, j’aurai du avoir la force de tout arrêter « en douceur » au moins 1 an auparavant et non espérer que les clients reviennent, alors qu’ils n’existaient plus.

    Je n’aurai jamais du espérer non plus que le prétendu acheteur, un opérateur télécom qui aime les oranges,  dont nous avions une lettre d’intention d’achat encadrée, finisse  par envoyer son gros chèque alors que la directrice des acquisitions faisait elle même certainement valoir ses droits à l’assurance chômage.

    Quand c’est mort, c’est mort ! Ne pas vouloir le voir ce n’est que se creuser une tombe plus profonde.


    2/ Rien ne se perd, tout se transforme


    Nous avions fait des choses fabuleuses, plus de 10 ans après, on trouve toujours de beaux avis positifs sur TopFinance.com. 

    J’avais accumulé de nombreuses compétences aussi bien techniques que marketing, et un bon réseau professionnel de confiance. 

    Avec le comparatif interactif des courtiers en ligne, nous avions vendu des milliers et milliers de contacts qualifiés – leads - tout en rendant service aux utilisateurs. 

    Nous avions testé des abonnements par carte bancaire, par micro paiement, vendu des bannières ultras ciblées une fortune et acheté des clics à quelques centimes. 

    Je savais créer des produits, générer de l’audience et la monétiser.

    Couplé à un bon réseau professionnel – l’honnêteté cela paye - il n’y avait plus qu’à rallumer à fond les moteurs, inverser la poussée et redresser l’appareil !   

    Vos échecs peuvent devenir vos forces. 

    Il n’y a aucun simulateur sur lequel on apprend à devenir entrepreneur, c’est comme le vélo, ou le skateboard ;-), il faut parfois tomber, comprendre pourquoi c’est arrivé, remonter sur la bicyclette, et soudainement la maitriser, parfois même sans les mains !  

     

    Pour en revenir à cette vidéo, Apple pesait alors des centaines de millions de dollars, aujourd’hui cela se compte en centaines de milliards de dollars.

    Je suis un bon client d’Apple, mais je n’idolâtre pas Steve Jobs. Je respecte cependant le grand chef d’entreprises qu’il est. 

    Principalement grâce à lui les ordinateurs ne sont plus forcément beiges, les téléphones n'ont plus forcément de touche, un système d'exploitation peut être ergonomique tout en étant cool, sans oublier les dessins animés qui ne sont plus forcément en 2D.

    Steve Jobs vient de démissionner pour des raisons médicales, je lui souhaite de pouvoir prochainement revenir à la tête d’Apple et j’espère que d’ici là nous, entrepreneurs européens, aurons ENFIN de meilleures nouvelles à lui communiquer sur notre capacité à rebondir ! 


    Emmanuel
     

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  • Bien plus que de l’argent…

    • 18 Jul 2011
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    Accompagnement

    Je viens de rentrer au capital de la société BrandMinistry, en tant que business angel, cela a été annoncé sur FrenchWeb et le Journal du Net. Je remercie au passage les nombreuses personnes qui m’ont félicité pour cette prise de participation.  

    Alexande Oudart, Arnaud Testu et Julien Oudart, les fondateurs de BrandMinsitry, ont monté une équipe dynamique d’une dizaine de personnes provenant de Vodafone, SFR, Musiwave, Microsoft et d’agences.

    La société se positionne comme spécialiste des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube, etc) en aidant ses clients à y développer leur notoriété et réaliser l’acquisition de nouveaux clients.

    En quelques mois BrandMinistry a déjà convaincu de belles références comme Cdiscount, TV5 Monde, HTC, Orange, de leur accorder leur confiance.

    J’investis aux côtés de l’agence AWE, fondée et dirigée par Alexandre Garnier avec qui je collabore depuis une dizaine d’années.

    J’espère annoncer prochainement d’autres prises de participations, je préfère cette expression à celle d’investissement, car pour moi c’est plus un accompagnement qu’un investissement.

    L’objectif est d’entrer au capital de sociétés que j’aurai aimé créer, dont j’apprécie le produit, dont j’aime l’équipe, où je sens que je peux apporter une expertise marketing, des connaissances techniques, du relationnel, etc. 

    Je n’imagine pas autre chose qu’une prise de participation active, sans m’installer non plus dans les bureaux. Je dois pouvoir offrir du temps et pas seulement de l’argent, j’estime que ma plus grande valeur est celle de mon expérience.

    J’espère que ces entreprises vont créer de nombreux emplois, apporter leur brique à l’innovation, donner une image positive de l’entreprenariat et, ne soyons pas hypocrites, j’espère pouvoir réaliser de belles sorties financières.

    Ces prises de participations sont personnelles, c’est une partie de mon patrimoine que j’investis et que je risque, mais je me suis toujours promis de rendre ce que l’on m’avait offert.

    De nombreuses personnes m’ont fait confiance à mes débuts d’entrepreneur, certains de ces business-angels ont perdu de l’argent, mais pas leur temps.
    Les conseils et la confiance qu’ils m’ont accordés m’ont permis de rebondir, de ne pas baisser les bras. 

    Je fréquente encore nombre d’entre eux et je considère certains comme des amis.

    Aujourd’hui j’estime que c’est à moi d’être de ceux-là…

    Emmanuel

    p-s. : Depuis ce billet je reçois beaucoup de dossiers, merci pour votre confiance. Cependant un grand nombre sont composés de sites en 3e levée, toujours sans modèle, ni revenu, qui tentent de m'expliquer qu'en investissant encore plus dans Google Adwords ils vont se constituer une belle base clients pour l'avenir... Quel avenir ?  "Quand c’est mort, c’est mort ! Ne pas vouloir le voir ce n’est que se creuser une tombe plus profonde.". Merci de lire également ce billet ;-) 


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  • Je suis un skateboarder

    • 11 May 2011
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    Skate-skateur

    Adolescent le skate faisait partie intégrante de ma vie, j’y investissais l’ensemble de mes économies et étrennes. Ma board (planche) -  Vision psychostick, trucks Gullwing super pro 3, roulements Skf, roues Toxic - avait du générer plus de 1000 francs (150 euros)  de revenus aux « dealers » Nancéens des skate-shops. Plutôt une belle somme pour un adolescent en 1987, mais à ce prix je m’achetais une certaine liberté et une nouvelle vision de la vie, c’est d’ailleurs certainement pourquoi j’avais opté pour la marque « Vision ».

    Le skate me plongea dans une culture très différente de celle, geek-informatique, où je baignais depuis quelques années. Avec le skate je découvris la « presse skate » et leurs photos d’une esthétique incroyable, mais également les vidéos de skate, et tout particulièrement celles de la « Bones Brigade » de Powell-Peralta souvent réalisées  par Stacy Peralta lui-même.
    Avec le skate j’ai réalisé à quel point le design pouvait avoir une importance, c’est souvent ce qui différenciait uniquement les planches. J’ai toujours adoré l’esthétique des planches de skate : belle, simple, efficace. La mienne avait un côté « Warholesque ».

    Grâce au skate je me fis des dizaines de copains, dont je ne connaitrais pour la plupart jamais le nom. On se rejoignait à une heure précédemment fixée, on skatait à travers la ville, accrochés aux bus on rejoignait le vieux bowl en béton, sorte de piscine vide sphérique, de la première vague des années 70 où on plongeait l’un après l’autre durant quelques heures avant de rentrer chez nous.
    Je pense que cela a canalisé positivement une certaine énergie que j’accumulais en moi à l’adolescence d’autant qu’un skate peut se révéler un excellent moyen, approuvé, de défense.

    Lors de ces sessions, je ne ressentais aucun jugement sur les origines sociales ou ethniques de quiconque. Souvent les plus riches donnaient leur vieux « matos » à ceux qui n’avaient pas les moyens de mettre 13 francs dans un roulement par exemple. Cela peut sembler ridicule, mais un skate a besoin de 8 roulements à billes, du coup j’ai longtemps vu la vie comme un multiple de 13 francs, d’autant plus que c’était également le prix d’une bonne disquette 3 pouces pour les micro-ordinateurs Amstrad, un autre de mes besoins réguliers de l’époque.

    Avec cette planche au bout des pieds j’étais libre dans un univers urbain qui prive souvent de bien des libertés, surtout à l’adolescence, et découvrais une culture passionnante, particulièrement les vidéos qui étaient d’une grande créativité. Stacy Peralta a depuis gagné un award à Sundance pour son documentaire « Dogtown and Z-Boys », une autobiographie sur sa jeunesse de skater.

    Je pense vraiment que le skate m’a apporté quelque chose de profond, surement comme d'autres sports pratiqués jeune forgent des valeurs et des règles.
    Pour moi c’étaient ces 4 roues sur du bitume et cet esprit de contre-culture… 

    Aujourd’hui encore je me considère comme un skateboarder, en tout cas c’est dans cet état d’esprit que j’attaque cette nouvelle aventure entrepreneuriale. 

    Car finalement être entrepreneur c’est un peu être skateur : on peut tomber, bien souvent on a mal, mais on vibre, alors on regrimpe sur la planche et l’adrénaline atténue la douleur. On doit être bricoleur, voir bidouilleur, et l’inattendue nous attend toujours au coin d’une rue.

    Alors oui, je veux rester un skateboarder…


    Emmanuel


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    Emmanuel Françoise : Net-Entrepreneur de 8 à 64 bits. Certainement dinosaure mais pas encore fossile...

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