Cochons
Depuis la parution  mardi dernier d’un article sur le site du Financial Time le freemium s’est offert une nouvelle couverture presse de grande envergure.

Nous y apprenons que Spotify a atteint son symbolique premier million de membres payants au service de  streaming audio à la demande avec un très positif taux de conversion de plus de 15% de l’offre gratuite vers la payante ! 

Cette performance est d’autant plus remarquable que Spotify n’est présent aujourd’hui que sur 7 pays européens. Les accords avec l’industrie musicale arrivant au compte-goutte.

Pour mémoire, le freemium consiste à proposer un service de base gratuit (Free) et des options avancées (preMium) par paiement à l’acte ou abonnement. 

Rappelons ici quelques bons usages du freemium en prenant Spotify pour exemple :

- Il est important que le service de base soit gratuit en permanence  et pas seulement pour une période d’essai de quelques minutes ou jours.  C’est ici, à mon avis, le principal avantage de Spotify dont l’écoute gratuite n’est pas limitée.

- Le service premium doit se justifier et être de qualité. C’est également le cas de Spotify : Absence de publicité,   écoute offline sur l’ordinateur  ou terminal mobile, écoute sur des périphériques Hi-Fi (Sonos – Squeezbox), un streaming de haute qualité (320K). Tout ce dont rêve l’internaute mélomane dont j’avoue faire partie.

Les services ou biens dématérialisés sur Internet se prêtent plutôt bien au freemium. 

Voici quelques autres exemples d’offre freemium que j’utilise au quotidien :

- Skype : dont l’utilisation des services de conférences audio et vidéo entre membres est illimitée et gratuite mais qui facture les services d’appels vers des fixes ou mobiles, l’attribution d’un numéro entrant etc.

- Picasa &  DropBox :    Toutes les fonctionnalités de stockage sont disponibles en mode gratuit mais plus on s’habitue plus l’on est tenté de souscrire de l’espace de sauvegarde supplémentaire

- BaseCamp : Le fameux outil de gestion de projet de 37Signals.  Dont on devient vite accro en se ne contenant plus seulement de la version gratuite de base.

Cependant le freemium « technologique »,  est apparu bien avant le Web, pour ma part j’en étais un très bon client dans les années 80, avec les disquettes des magazines informatiques et leurs jeux ou utilitaires  en version de démonstration qui rendaient vite dépendant en poussant à  l’achat de clés pour débloquer la totalité des fonctionnalités.

L’arrivée des connexions Internet n’a fait que décupler le succès de jeux comme Doom, Duke Nukem, Shadow Warrior  dont les versions de démonstration se sont retrouvées sur tous les serveurs FTP publics en plus des CD Rom des magazines informatiques.

D’ailleurs ce modèle semble de retour sur le devant de la scène avec l’App Store d’Apple. Qui n’a pas téléchargé la version light et gratuite d’Angry Birds pour finalement acheter la payante avec ses nombreux niveaux de jeu supplémentaires ?

Le freemium semble également se cacher  dans votre Box Internet et ses services TV.  Iliad-Free l’a, pour moi, parfaitement maitrisé en offrant du jour au lendemain en 2003 la TV comprise dans son forfait ADSL mais avec certaines chaines nécessitant un abonnement supplémentaire.

 Restons encore dans la thématique TV avec Canal + qui est également, à mon sens, un bon exemple de freemium. La chaine propose,  depuis le milieu des années 80, des programmes en clair de grande qualité vous incitant ainsi à louer le décodeur pour obtenir  la totalité des programmes et services comme la tv de rattrapage.

Le freemium est un magnifique outil de promotion. Les utilisateurs heureux de découvrir un service gratuit en parleront vite à leur proches (Picasa – Free Tv), leur enverront des invitations (DropBox), partageront leurs playlists (Spotify)  etc.… 
Quelles meilleures recommandations que celles-ci ?  Aucune d’un point de vue marketing.

Cependant tout n’est pas forcément aussi rose,  il est souvent difficile de positionner le bon curseur entre options gratuites et payantes. Trop gratuit vous ne générerez pas un euro de revenu, trop payant le buzz marketing ne se fera pas dans  le bon sens…

Ce billet ne se veut pas être un document de référence, je  pourrai surement encore ajouter quelques plus et de nombreux moins à la mise en place d'offres freemium, et l'on ne compte plus ceux qui n'ont su trouver le bon équilibrage gratuit/payant.
Pour ma part j'y pense cependant sérieusement pour mes prochains projets.

Emmanuel

 

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